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La question de la transmission dans le milieu institutionnel


Redaction - 31 décembre 2020 - 0 commentaire

La question de la transmission dans le milieu institutionnel

Interview de Kelly Mezino par Mariama Diallo Médiation

Peux-tu te présenter ?

Je m’appelle Kelly Mézino, j’ai 28 ans, et termine actuellement un Master 2 en Arts du spectacle Parcours Théâtre, recherche et création, pour lequel j’ai réalisé un film documentaire intitulé « Le mystère de la création : Idéal et Réel au Théâtre du Nord-Ouest ». Après une reprise d’études en 2014, précédée d’une formation de deux ans au CDAS (Centre des arts de la scène, Paris, 75015), les arts du spectacles se sont affirmés comme mes domaines de prédilection. Depuis, j’œuvre principalement avec des ami.e.s/camarades/collègues/artistes au sein de deux associations créées il y a 5 ans : TEP8 (Théâtre Étudiant de Paris 8, 50 Membres) et la Kyrielle (Île de France, 25 Membres), dont je suis la présidente, coordinatrice et directrice artistique. J’ai eu la chance de pouvoir porter sur le plateau les textes et mises en scène imaginés ; et grâce à un travail collaboratif, monter 12 pièces en 5 ans, toutes créations confondues. Je me suis donc découverte auteure, metteure en scène, à la suite d’expériences plus personnelles de comédienne, chanteuse, prestataire.

Quel a été ton parcours professionnel ?

Après mon BAC obtenu en 2010, ayant déjà pratiqué plusieurs arts, musique, théâtre, arts plastiques, danse, etc ; je devais m’orienter vers une pratique professionnelle, plus « classique », « sûre », pour en faire un métier, les mentalités et ma situation personnelle me poussant à choisir quelque chose dit de « moins précaire ». J’ai opté pour la philosophie et ai alors commencé une formation universitaire à Nanterre, en Sciences du Langage, Philosophie, Psychologie. J’y suis restée un an, ne me sentant pas à ma place dans ce milieu, et comprenant qu’il me manquait quelque chose. J’avais en effet dû arrêter toutes activités extérieures, n’ayant pas le temps de m’y consacrer. A cette période, je travaillais tous les étés, et toute l’année pour pouvoir payer mes frais de vie. J’étais éboueuse durant les vacances, comme depuis 2008, et serveuse dans plusieurs restaurants, une vingtaine d’heures par semaine, pendant l’année. Ayant commencé à travailler depuis mes douze ans, cela ne me dérangeait pas d’être « toujours au travail », mais cela m’est vite apparu inconciliable avec l’Université. Aussi, j’avais l’impression que tout ce travail théorique, bien qu’extrêmement intéressant, les connaissances acquises cette année-là me servant toujours aujourd’hui, n’était pas assez impactant, pas assez concret pour moi. J’ai décidé de quitter l’Université pour une école d’arts du spectacle, y ai beaucoup appris, puis, ai dû arrêter un an avant la reprise de mes études en 2014, à cause d’une blessure. J’ai attendu la rentrée en prenant, pour une année, un travail d’assistante d’éducation dans un collège des Yvelines.

Après m’être décidée à réintégrer l’Université, j’étais plus sûre de moi, plus déterminée. Durant les 6 dernières années, j’ai continué à travailler chaque été, ai encore été serveuse quelques fois ; mais depuis 4 ans, je peux travailler dans les domaines qui me stimulent particulièrement : j’ai été tutrice au département théâtre de l’Université Paris 8 pendant deux ans, et depuis 2018, je travaille au sein du SCUIO-IP (Service commun universitaire d’information et d’orientation, insertion professionnelle), toujours à l’Université Paris 8. En parallèle, j’ai continué les prestations artistiques pour des associations, des théâtres privés, plusieurs fois dans l’année, en tant que comédienne et chanteuse. Je suis également depuis presque 3 ans professeure de théâtre à l’ASCM-JP (Association sportive et culturelle de Jouars-Pontchartrain), pour 4 groupes d’enfants, 34 élèves au total, de 4 à 12 ans.

Concernant les cours de théâtre que tu as pu donner, qu’as-tu observé ? Chez les plus jeunes ? Est-ce différent des adolescents et adultes ?

Quand j’ai commencé à donner des « cours », plutôt appelées « séances de travail » dans mes associations, j’ai constaté que mes expériences en tant qu’étudiante et comédienne m’avaient beaucoup servi. Celles de l’Université, plus récentes, plus conscientes ; mais aussi celle de la formation du CDAS nous poussant à être autonomes, à toucher à tout, à réaliser un projet, une idée, de sa conception à sa mise en œuvre (en tenant compte de plusieurs secteurs des arts du spectacle vivant, tant les disciplines que les catégories de métiers). J’ai appris à anticiper, à expliciter, à fédérer grâce à cela. J’ai pu développer plusieurs compétences et devenir une « artiste plurielle », selon la formule de Marie-Christine Bureau, Marc Perrenoud et Robert Shapiro.

Ces séances étaient donc bien préparées, suivant systématiquement un fil rouge, menant au point où je souhaitais porter les équipes, étape par étape. Ce sont les retours et échanges autour des séances, des attentes de chacun.e, et des projets, qui m’ont aidé à rendre plus claire ma démarche. J’ai aussi, sur les conseils d’un professeur, Alain Gintzburger, pris l’habitude de rédiger des comptes-rendus de séances pour décrire le travail, permettre de prendre du recul sur la pratique, pour que les comédien.ne.s puissent cerner sous différents axes nos exercices et bénéficier de retours individuels sur nos attendus.

Les premiers « élèves » que j’ai eus avaient à ce moment 18 à 20 ans, étaient en parallèle dans les conservatoires et à l’Université. Le côté expérimental de notre travail, que je menais en vue de monter mes pièces, nous a toutes et tous poussé à nous questionner sur l’efficience de ces séances, à chercher l’épanouissement, un état d’esprit sain et bienveillant, tout en étant exigeant. Ensuite, j’ai développé les méthodes et protocoles mis en place avec des plus jeunes et plus âgés, dans les structures où j’intervenais (j’ai donc pu « donner cours », officieusement et officiellement à des élèves de 4 à 40 ans aujourd’hui). En tant qu’auto-entrepreneure et intermittente, j’ai pu, je peux être mobile, et acquérir tout en travaillant des compétences de gestion, d’organisation, artistiques.

Depuis 3 ans, et après avoir commencé les cours avec les enfants à l’ASCM-JP, je remets en perspective les savoirs acquis, les remets en jeu dès que l’occasion se présente, en les enrichissant de théorie. J’adapte les exercices usités aux différentes pratiques, éthiques, besoins des structures au sein desquelles j’interviens, aux besoins des séances, créations, de chacun.e, prenant en compte le groupe et les individus dans leurs interactions. J’essaie de maintenir un équilibre qui responsabilise les élèves, qui les fait évoluer, apprendre, apprendre à apprendre. Je souhaite qu’ils restent curieux et engagés, conscients, peu importe leurs âges. J’ai réussi à mettre en place la même « politique » de jeu, de création, de travail dans chacun de mes groupes. Pour cela, seule la manière de transmettre est différente. Je module les exercices en fonction des âges, mais sans déconsidérer l’intelligence a priori. Je ne me dis pas par exemple, « ils sont trop jeunes, ils ne vont pas comprendre », ou pour les plus âgés, « ils sont trop butés, ils ne veulent pas découvrir », ou encore, « la consigne est simple pourtant, pourquoi n’arrivent-ils pas à aller où je veux ? » – je cherche toujours à comprendre ce qu’ils ne comprennent pas, à reformuler. Je teste des exercices « adultes » avec les jeunes, et inversement. J’ai bien-sûr conscience de plusieurs études menées sur des groupes référentiels, des projets déjà fait, des méthodes éprouvées, j’en tiens compte la plupart du temps vis à vis de l’apprentissage, de la mémoire, du principe de spatialisation, du concept (difficile à cerner pour les plus jeunes) ; et des idées trop « sécurisantes » que représentent certaines théories pour les publics adultes. Je décortique, je déconstruis avec chaque groupe pour parvenir à trouver la dynamique de chacun.e, et mettre en place sereinement et collectivement les séances, les habitudes, les travaux et les créativités, de sorte que chacun.e se sente à sa place, compétent, volontaire. Que chacun.e puisse réellement contribuer, ne plus hésiter, et sentir qu’il/elle apporte quelque chose d’essentiel et d’important. Les principes d’écoute, de communication (les sciences du langage et de la communication m’inspirent beaucoup) sont les plus puissants. Le fait de prendre son temps, même avec un programme parfois dense, est aussi une priorité. Il arrive que certaines séances, malgré l’anticipation et les explications, ne se déroulent pas comme prévues, et bien, j’adapte. Je me demande de quoi a besoin le groupe à ce moment-là, qu’est-ce qui, pour chacun.e et collectivement, nous fera tout de même avancer. Ce sont nos énergies et nos envies qui priment sur le moment, la gestion globale et la notion de résultat passant après. Tout est expliqué, bien-sûr, et peu importe les âges, tous comprennent le principe d’échéance, de concentration, d’accomplissement. Tous tendent au même but, par séance et sur l’année, car nous échangeons aussi beaucoup à ce sujet. Je ne me positionne pas comme « l’unique référente », « la professeure toute puissante », « la cheffe », etc. J’ai cette place par défaut, dois coordonner et mener les équipes, mais je cherche à être la plus transparente possible. En fonction des groupes, encore une fois, peu importe les tranches d’âge, les programmes et les objectifs établis, des séances spécifiques de cohésion, d’explications, d’organisation, sont menées, soit 4 fois de suite, soit 15 minutes à chaque séance. Et si besoin est, des séances « bilans », « perspectives », pour reprendre nos avancées et nos besoins en compte, sont proposées.

Quel fut le dispositif choisis (1/semaine, 2h/mois)?

Au départ, toutes mes séances étaient de 4h, toutes les deux semaines. Nous étions efficaces, mais pas assez liés, ni assez en confiance pour évoluer davantage, se confier, exister ensemble. La récurrence est essentielle, les moments partagés, les travaux, mais aussi les relations interpersonnelles. J’y suis très attentive.

Pour chaque structure et selon les groupes, les dispositifs varient, de 1h (pour les cours ASCM) à 6h par semaine (pour La Kyrielle).

Comment se déroulent les séances ?

Elles commencent par des échanges interpersonnels, des discussions, un point de situation, l’annonce du programme de la séance, un temps de questions-réponses, les propositions des élèves.

Les séances s’organisent autour d’une suite d’exercices, selon les besoins du moment. Individuels, collectifs, verbaux, lectures, jeux, définitions, cartes blanches. Nous avons généralement assez de matière pour nous adapter, et les exercices, comme je le disais, peuvent évoluer selon les besoins. Je cherche à rompre les barrières psychologiques, symboliques ou réelles, pour les élèves, intimement, dans leurs rapports et pour le groupe, pour le projet.

Elles se terminent par des échanges sur la séance, retours, explicitations si nécessaire ; puis par l’annonce du programme de la séance suivante, pour que chacun.e puisse se projeter. Il y a toujours des échanges, même si la verbalisation n’est pas toujours utile ni nécessaire. Je propose de ne pas l’utiliser parfois, mais toujours en expliquant, en y revenant une autre fois, en rappelant les séances précédentes. En écoutant aussi beaucoup, pour adapter ma formulation, prévoir que la transmission soit toujours évidente, et si elle ne l’est pas, en cherchant les clés, les dispersant au fur et à mesure. Cela peut prendre des semaines ou des mois, afin que ces « indices », ces « miettes » de savoir, d’indications, soient enfin vraiment intégrées. J’utilise mon intuition et ma sensibilité, sans le cacher, en proposant aussi de ne pas être trop « définitive », « jugeante ». Les adultes le demandent beaucoup, je m’y refuse. Les plus jeunes ont peur, je m’empêche et leur apprends aussi à avoir un regard ou une attitude qui ne les inhibe pas, ou ébranle leur confiance en eux et en les autres. Je me répète beaucoup, cela fait partie du travail. Donc, en bref, échanges, jeux, en veillant à maintenir l’écoute et la liberté mise en place, séance après séance, pour vivre ensemble et mettre en place ce que j’appelle une « création participative dirigée », singulière, originale par essence.

Penses-tu que le théâtre à l’école soit important ? Que cette forme de transmission théâtrale soit actuellement la bonne ?

Oui ! Un grand oui ; cela me paraît évident. Grâce aux arts, et au théâtre plus particulièrement, moi-même et toutes les personnes que je connais l’ayant pratiqué, se sont découverts, en apprennent plus sur le monde et sur eux-mêmes ; ont un rapport différent à la réalité, à la langue, aux autres. Les personnalités rencontrées sont ou deviennent plus ouvertes, se posent des questions, se mettent en scène, osent. Les exercices faits dans un cadre sain, bienveillant, permettent de se tester, d’évoluer, et d’appliquer, consciemment ou non, des changements qui apparaissent nécessaires dans leurs vies.

À l’école, et dans toutes les institutions globalement, les problèmes systématiques sont l’uniformisation, le fait d’être trop nombreux, et le manque de temps. Il y a trop à faire et à traiter, pas le temps de se former correctement, pas le temps d’appréhender les phénomènes, les interactions, correctement ; il faut aller vite, terminer le programme, que les élèves se comportent comme ci ou comme ça, beaucoup de choses sont imposées. Et même pour les passeurs, dans la transmission, il faut que telle et telle chose soit sue, de telle manière. J’ai l’impression qu’il n’y a pas beaucoup de remise en question, ou même de remise en commun ou en perspective des savoirs et compétences entre équipes pédagogiques. Lorsque des terrains de libertés sont proposés, jeunes et moins jeunes sont extrêmement perturbés, parce qu’ils ont appris à être dépossédés de leurs capacités de réflexion, de questionnement ; à ne pas avoir le temps de considérer réellement ce qu’on veut leur transmettre, ce qu’on leur demande, l’expérience qu’ils acquièrent ou qu’ils devront acquérir. Nous leur apprenons certes à avoir un cadre, à écouter, à exécuter « correctement », à apprendre, que tout cela soit vraiment « bien fait ». Mais souvent, les manières, les idées derrières les dispositifs mis en place ne permettent pas une assez grande expressivité. Que ce soit dans un cadre ludique ou professionnel, avec des enfants de 4 ans ou des adultes de 40 ans, le fait de ne pas avoir de place, de ne pas se sentir puissant, investi, brime les évolutions, les potentialités. Il n’y a pas assez de considération pour les personnalités, les pensées divergentes, les discussions. Aussi, comme les savoirs et savoir-faire ne sont pas toujours appréciés à leur juste valeur, ni même connus, certains formateurs ne sont tout simplement pas fait pour la transmission. Cela se ressent ensuite à toutes les échelles, le cadre de travail devient pesant, complexe, difficile ; ayant des conséquences dramatiques des deux côtés, parfois à long terme. C’est attristant.

Dans ce cas, comment faire pour inverser ce processus ?

C’est un travail de longue haleine, à mener en profondeur pour effacer au maximum les questions de légitimation, de pouvoir, de concurrence dans l’éducation. Que les statuts ne deviennent pas des prisons invisibles pour les formateurs comme pour les élèves. Que la question des possibles reste ouverte et riche. La théorie doit servir, mais la pratique tout autant ; l’écoute aussi, et la mise en place de solutions ou d’alternatives adaptatives. La recherche-création en est une première étape, la recherche-action, liée aux études et tests, en est une autre. Il faut que les mentalités et la morale que notre temps connaît évoluent rapidement. Que les vocations soient encouragées, que chacun.e soit assez informé pour choisir, vivre, créer en toute conscience. Que les institutions créent des terrains favorables au changement.

Penses-tu que le théâtre soit enseigné différemment à l’école que dans des structures non scolaires (conservatoires, associations…) ?

Oui. J’ai pu remarquer que les différents milieux, en fonction des attentes et des attendus, de part et d’autre, créent des pratiques et conceptions totalement différentes. Nous parlons du théâtre comme un objet unique, avec des fantasmes assez forts, très imprégnés dans l’esprit des différents acteurs ; mais son aspect composite, complexe, technique, historique, etc, fait de chaque lieu, cours, un espace unique avec des valeurs et méthodologies propres, qui même si elles se ressemblent, ne forment pas du tout les mêmes personnes ou les mêmes créations. Il faut en avoir conscience pour se positionner, pour exister avec cet art, comme on le souhaite. Pour être responsable et en faire quelque chose de personnel, qui apporte vraiment « ce que l’on souhaite apporter », « là où on souhaite l’apporter ». J’en reviens à cette question d’impact, d’importance ; c’est nécessaire de se poser la question. De maintenir le questionnement, de ne pas trop écouter ce que vendent les idées finalement.

Quelle est ta vision actuelle du théâtre ?

Très positive. Malgré les scléroses de certaines pratiques, administratives, les organisations limitantes, le côté inaccessible, et l’aura encore trop élitiste du théâtre, beaucoup d’événements, de groupes, sont animés de cette volonté poétique et esthétique, de changement, d’invention.

Selon toi, comment se fait-il qu’une grande partie de la population pense que le théâtre est réservé à une catégorie spécifique ?

Justement parce que dans plusieurs instances, il n’y a que peu de réflexion éthique sur l’essence et les apports des choses, des idées. Ou, si ces réflexions ont lieu, la mise en réalité est ardue. Les interactions et la mise en commun ne sont pas favorisées. Le temps joue aussi, le contexte d’un pays, les situations personnelles, les cultures, les politiques. Le théâtre étant connecté à toutes ces choses, mais avec distance (même si ce n’est pas toujours le cas), ne peut pas rivaliser avec la réalité. La confiance que les artistes et artisans du monde du spectacle placent dans leurs travaux est incroyable ; Ils croient, et heureusement. Pour une grande partie de la population, l’art n’est pas une valeur assez forte ; les idées ne sont que des idées, parce qu’on ne leur propose pas suffisamment de s’investir en elles. La réalité n’est donc pas du tout la même. Les gens pensent que l’art n’est pas pour eux, le théâtre encore moins, car il met en jeu trop d’éléments personnels, ce qui nécessite de se mettre en danger.

Toutes les barrières symboliques et réelles de la pratique théâtrale et du spectacle vivant doivent être à chaque fois bousculées. Cela demande du temps, de l’effort, une volonté claire. Je crois que beaucoup de gens doivent d’abord vivre, survivre, et que l’art, ici le théâtre, leur apparaît comme un loisir « non-essentiel » dans ces perspectives.

Peu de personnes semblent continuer le théâtre par la suite, comment l’expliquer ?

Beaucoup regrettent. Beaucoup sentent un manque de quelque chose, voudraient se connaître davantage, mais se laissent prendre, trop sérieusement, par le jeu de la vie. Au théâtre, on joue pour apprendre. Pour évoluer. Dans la vie, cette notion de jeu et de liberté n’est pas encouragée.

Peut-on représenter tout et tout le monde sur scène ?

Oui. C’est un espace magique ; je pense toujours à la scène avec un esprit enfantin que je cultive, et que j’appelle au secours quand tout devient dramatique et lourd, autour de moi. Je suis confiante et pleine d’espoir pour l’humanité. La scène permet de plonger dans la vie, de s’en défaire, d’y revenir, de la rejeter, de l’annihiler, de la raviver et de la sublimer. Elle permet tout. Elle devrait tout permettre.

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